Les besoins et les forces des enfants et des jeunes varient selon leurs stades de croissance. Par exemple, ce qui fonctionne pour les adolescents ne fonctionne pas nécessairement pour les jeunes enfants. La petite enfance est l'une de nos principales priorités, car ce qui s'y passe (de la naissance à l'âge de six ans) constitue le fondement de la santé mentale ultérieure.

L'importance de la petite enfance

Un développement socioaffectif sain durant la petite enfance constitue une composante essentielle d'une bonne santé mentale tout au long de la vie. Des données récentes colligées en Ontario suggèrent qu'un nombre troublant d'enfants sont socialement ou affectivement vulnérables au cours de leur petite enfance. Ces problèmes font souvent surface dans les milieux de garde et d'apprentissage des jeunes enfants ainsi que dans des salles de classe à travers la province. La promotion de la santé mentale tout au long de la vie et la prise de mesures précoces pour prévenir la maladie mentale sont essentielles pour les individus, les familles et les communautés.

Au-delà des pierres d'assise

En 2014, nous avons élaboré conjointement un document de politique, Soutenir les esprits les plus jeunes de l'Ontario : Investir dans la santé mentale des enfants de moins de 6 ans (Ce document de politique n'est disponible qu'en anglais, mais le sommaire est disponible en français), qui a contribué à créer une compréhension commune de la santé mentale des nourrissons et des jeunes enfants ontariens et a attiré l'attention sur l'importance du dépistage et de l'intervention précoces. En 2018, nous avons établi un partenariat avec les organismes Infant Mental Health Promotion (SickKids) et Santé mentale en milieu scolaire Ontario afin d'élaborer un deuxième document de politique, qui approfondit notre compréhension de la santé mentale et du développement socioaffectif des enfants de trois à six ans. En 2019, nous avons publié Au-delà des pierres d'assise : investir dans la santé mentale présente et future des enfants ontariens de trois à six ans, qui comporte huit recommandations pour guider notre travail visant cet âge de développement.

Des recommandations à l'action

Nous avons décidé que nous ne laisserions pas simplement nos recommandations de politique dormir sur une tablette. En plus de la promotion de la santé mentale des nourrissons, nous mettons en œuvre deux recommandations du dernier document de politique.

  • Assurer aux fournisseurs de services de tous les secteurs une formation initiale et une formation continue de haute qualité et fondées sur des données probantes.
  • Renforcer les partenariats afin de créer des voies d'accès aux soins efficaces pour la prestation de services de santé mentale durant la petite enfance.

Les voies d'accès aux soins orientent les enfants, les adolescents et les familles vers les soins appropriés pendant la prestation des soins et après le congé du patient. Elles font en sorte que les familles obtiennent le service approprié au bon moment et de la bonne façon pour répondre de manière optimale aux besoins en santé mentale de leur enfant ou de leur adolescent. Dans un système de santé mentale de haute qualité, les voies d'accès aux soins sont accessibles, efficaces et efficientes. Elles résultent de la coordination entre de multiples prestataires et assurent une meilleure continuité des soins.

Nous travaillons également à valider une version adaptée de l'outil HEADS-ED pour les enfants de cinq ans et moins. Déjà en utilisation auprès des enfants plus âgés, l'outil adapté aidera les prestataires de soins primaires à reconnaître les signes précurseurs de problèmes de santé mentale dans le comportement des jeunes enfants et à orienter plus tôt les familles vers des services communautaires d'intervention en santé mentale.

HEADS-ED est un outil rapide et convivial de dépistage des problèmes de santé mentale qui examine sept aspects des processus de pensée et de comportement d'un enfant ou d'un jeune, de ses comportements et de l'environnement social qui l'entoure. Les résultats de cet outil aident à orienter l'évaluation et la prise de décisions concernant le traitement et aident les prestataires de soins primaires à mettre les patients en contact avec les services communautaires appropriés.